Le blog d'Aimé !

Quand le sérieux alterne avec le pas sérieux du tout !

24 avril 2008

Le secours manqué de Vincendon et Henry...

Pour mon retour, j'ai décidé de vous parler de quelque chose que je commence à connaître : les expéditions qui tournent mal !
Et croyez-moi, j'ai de la matière à posts car après vous avoir parlé des expéditions de Nobile, Andrée ou Willem Barrents, j'ai décidé de vous parler d'une expédition qui a traumatisé la France entière pendant les fêtes de fin d'année 1956.
D'ailleurs, demandez à vos parents ou grands parents s'ils se souviennent de l'expédition Vincendon et Henry....

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Nous sommes en décembre 1956 et deux jeunes écervelés, François Henry et Jean Vincendon, 23 et 24 ans, qu'on appellerait maintenant sportifs de l'extrême (dont l'un est tout de même aspirant-guide), décident de tenter, en plein hiver, l'ascension d'une voie difficile vers le Mont Blanc, à une époque où les hivernales n'étaient pas à la mode. Mais le mauvais temps tombe sur les sommets et ils se perdent. Combien aura duré leur martyre ? Dix jours, peut-être...

Jusqu'à leur dernier souffle, ce qu'ont enduré Jean Vincendon et François Henry à 4000 mètres d'altitude, par -30°, dépasse l'imaginable. A la différence de Guillaumet, naufragé des Andes, les deux jeunes alpinistes ne ressortiront pas vivants des griffes de l'altitude. Pourtant, les secours étaient là, tout près. Des hommes les ont mêmes touchés, réconfortés et leur ont promis de revenir. Le pouvaient-ils ? La dernière clé de l'énigme de ce secours raté demeure introuvable.

Quand les moniteurs guides de l'école militaire de haute montagne arrivent auprès de la cordée le 31 décembre 1956, cela fait déjà cinq jours que Vincendon et henry sont échoués. Ils ont erré dans la tourmente entre la crête nord-est du Mont Blanc et les précipices du grand plateau. Ils vacillent aux portes d'un enfer glacial. Et la venue des archanges sauveteurs par la voie des airs se fait avec fracas.

L'hélicoptère est mal maîtrisé en altitude et le spécimen choisi, un Sikorsky S58 (pour les connaisseurs) est un oiseau trop lourd. Il s'écrase alors près des deux alpinistes, pilotes et secouristes sont sonnés. Coup de chance, l'appareil n'explose pas mais pour le coup ce ne sont plus deux naufragés bloqués à 4000 mètres par -30° qu'il faut secourir, mais six ! L'affaire, déjà délicate, se complique encore un peu plus.

Il faut dire que pas grand monde voulait se lancer dans ce sauvetage qui n'inspirait rien de bon. les guides de Chamonix ont réchigné à secourir les deux citadins trompe-la-mort et après des jours de tergiversation, d'occasions gâchées, c'est l'institution militaire qui s'y est collée.

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S'extirpant de la carcasse de l'hélicoptère écrasé, Charles Germain et Honoré Bonnet, habitués à former les chasseurs alpins, découvrent la vision d'horreur des deux morts vivants qui ont atteint les lieux de leur dernier bivouac, gelés jusqu'aux avant-bras, statues sculptées dans leur chair. "Sans lui, je serai mort depuis deux jours, il m'a forcé à vivre" murmure Henry en désignant son compagnon.

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Déposés au Dôme du Goûter, Gilbert Chappaz et Jean Minster les rejoignent. Ce dernier se souvient : "ils n'avaient plus aucune notion de leur état". Vincendon et Henry divaguent : "Quand on reviendra, on vous aidera à faire des secours" les entend encore Minster. On les met à l'abri dans la carcasse du Sirkosky, le temps d'un aller-retour. Décision est prise de les remonter jusqu'à l'observatoire Vallot culminant à 4 360m où l'évacuation aérienne paraît moins hasardeuse. L'un est blessé après une chute en crevasse. Chappaz et Minster traînent l'autre, épuisé. "Il ne tenait plus debout. Tous les vingt pas, je m'arrêtais et il se couchait sur mon dos".

L'observatoire fait alors office de radeau de survie pour les secouristes mais le mauvais temps s'abat et après trois jours d'attente, ordre est donné d'arrêter la mission, l'armée décidant de mettre un terme au fiasco. Un pilote parvient à évacuer les hommes de l'école militaire de  montagne. Le 3 janvier, le ciel s'est pourtant découvert mais Vincendon et Henry sont abandonnés au grand plateau à un destin qui, aujourd'hui encore, fait débat quand à son caractère inéluctable.

"Le sort s'est foutu de ces mecs" enragera Bonnet. Minster baisse les yeux, humblement : "Le commandement a estimé qu'il ne fallait pas prendre de risques supplémentaires. On avait déjà cassé un hélicoptère et l'autre avait failli ne pas décoller". Que se sont dit les derniers témoins de snaufragés, la mort dans l'âme ? "Chappaz voulait redescendre les chercher" reconnait Bonnet.

Minster concluant :"On ne pouvait plus rien, il aurait fallu être une trentaine". En mars 1957, trois après le drame, il est revenu chercher les corps. "Vincendon était comme on l'avait laissé, dans son sac de couchage. Henry avait fait une tentative de sortie, il était là, recouvert de la neige qui avait pénétré l'épave". Linceul blanc dans un tombeau de fer. Chappaza, inconsolable, a rapporté le bonnet de l'un des deux martyrs de la montagne et comme le remords, la coiffe de laine n'a pas quitté sa vie depuis. "On reviendra vous chercher" leur avaient-ils dit....

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La France entière, qui avait alors pu suivre au jour le jour les tentatives de sauvetage via la radio ou tout simplement avec l'aide de jumelles depuis le village de Chamonix, était traumatisée.

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Pour ma part, je pense que l'on peut résumer la situation ainsi : dans un tourbillon médiatique sans précédent, la polémique a mis aux prises de jeunes grimpeurs citadins animés par la fureur de vivre, symbole de leur génération, des guides figés dans leurs traditions et des militaires impuissants devant un ennemi -la montagne- qu'ils n'avaient jamais appris à combattre. C'est d'ailleurs à la suite de ce drame que seront constituées des unités professionnelles exclusivement consacrées aux secours en montagne.

Alors maintenant, quand vous irez à la montagne pour vos prochaines vacances et que vous verrez un hélicoptère du PGHM (ou Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne), je suis certain que vous aurez une petite pensée pour Jean Vincendon et François Henry. 

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Pour ceux qui veulent approfondir, je recommande les articles suivants :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16968

http://pistehors.com/backcountry/wiki/Avalanches/Vincendon-And-Henry  (en anglais)

Ainsi que l'excellent livre de Yves Ballu : Naufrage au Mont-Blanc que vous trouverez ici !

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Voilà, j'espère que le retour du Père Aimé vous aura plu. Maintenant, ne me demandez pas quand est-ce que je reviendrai car je l'ignore moi-même mais ce que je sais, c'est que cela sera l'occasion de parler de vaccins et pour l'instant, je me documente au maximum...

Bon week-end !

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22 avril 2008

Réouverture partielle.....

Cela faisait longtemps que j'étais pas venu sur ce blog car moins de temps mais surtout moins d'envie. Néanmoins, j'avais envie de laisser quelque chose en attendant un éventuel post beaucoup plus intéressant, plus tard....

N'oubliez pas, si parmi vous il y en a qui passent près de Nyons et qui aiment la marche, n'hésitez-pas...

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Mais incontestablement, le meilleur moment dans cette journée fut sans hésiter ceci....

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Une pure merveille, si,si....

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07 mars 2008

L'Empereur du Sahara....

Jacques Lebaudy est un vrai fou, du genre entonnoir sur la tête, à repeindre son plafond et à proclamer tous les matin "je suis l'Empereur des Auvergnats."
Son souci, c'est qu'il est riche, très riche même, et immanquablement, quand on l'est (riche), on a les moyens de donner à ses délires un début d'exécution.

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Jacques Lebaudy est le fils de Jules Lebaudy, le magnat du sucre dont le nom est toujours en usage au fond des tasses. En 1903, une engueulade avec sa concierge, au bout de laquelle il se prend un seau d'eau de javel dans la figure le fait disjoncter. Dans l'heure qui suit, il décide de fonder un Etat à l'abri de la chienlit populacière et à la hauteur de ses exigences socio-politiques sur une terre encore vierge de toute salissure humaine, vierge même de tout tout court, un désert :  le Sahara ! Il y construira un empire idéal à partir de rien, d'une page blanche, un vrai paradis où il n'y aura pas peuple pour l'embêter, détail qui, il faut l'admettre, rend l'art de gouverner encore plus facile mais passons.

Le lendemain de l'altercation javellisée, Jacques lebaudy part donc pour Fécamp rejoindre sa goélette personnelle qu'il envoie aux îles Canaries. Là, il l'équipe de canons, s'achète une armée de huit hommes et met le cap sur les terres mauritaniennes où il débarque le 3 mai 1903 dans une baie déserte pour y fonder solennellement l'Empire du Sahara, drapeaux au vent. Il se proclame alors empereur Jacques 1er, et ordonne à tous ses employés de l'appeler "Sire".

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Drapeau officiel de l'empire, réalisé par le grand Jacques 1er himself

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La Frasquita, bateau de l'empereur Jacques 1er, fer de lance de la marine impériale (hum,hum)

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Encouragé par un si bon début, il repart, s'achète un vapeur, engage d'autres hommes, et retourne dans son empire fonder sa capitale, ce qui revient pour lui à laisser cinq marins et une tente dans un creux de rochers brûlants.
Puis, il fait route vers le sud pour fonder sa deuxième ville, port de commerce, un autre tas de cailloux torrides mais qu'aucun des autres engagés n'acceptera ce coup-ci de coloniser, malgré toute son insistance. Alors, Lebaudy repart pour les Canaries y embaucher des troupes plus coopératives et envoyer des communiqués triomphateurs auxquels la presse française se fait un plaisir de réserver le plus large écho, surtout en le caricaturant.

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A partir de là, les choses se gâtent. les Espagnols commencent à lui chercher des poux dans la tête et pire que tout, il retrouve sa capitale déserte : l'armée impériale (sic) a été razziée par une tribu maure, qui ne prétend libérer les cinqs marins qu'en échange d'une rançon. Navré de l'incident, Jacques 1er repart, laissant les marins à leur sort.

Mais là, ça rue dans les brancards et l'Espagne commence à s'agiter sérieusement. La France se voit obligée d'envoyer un croiseur sur place, le Galilée, afin de récupérer ses cinq ressortissants et l'Angleterre, à cette époque où les histoires de colonisation sont hypersensibles, s'inquiète de cette agitation, aussi farfelue soit-elle.

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Comme c'est indiqué, le croiseur Galilée. Pour la petite histoire, il était dirigé par le frère de Jean Jaurès

La "flotte impériale" est saisie et l'empereur ne doit échapper à l'asile que par son exil précipité en Belgique. Installé à bruxelles, il ne se préoccupe plus que d'entretenir la dynastie qu'il a eu tant de mal à fonder, il se commande un trône et tous les accessoires impériaux, se convertit à l'Islam, puis il engrosse l'impératrice pour avoir un petit prince. Pas de bol, c'est une fille !

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"L'impératrice" Mme Dellière-Lebaudy et sa fille

Enfin, il se fixe aux USA, dans une vaste propriété de Long island, où il vivra dans une folie impérialomane plus ou moins douce jusqu'au jour où, résolu à perpétuer la dynastie, il fait parvenir ce message à sa femme : " Madame, je vous informe que j'ai pris la décision de violer notre fille cet après-midi et je vous conseille de ne pas vous opposer à mes projets."

Et comme, passant à l'acte, il tente de faire sortir les deux femmes barricadées en les enfumant, l'impératrice lui tire dessus à grands coups de révolver.
Le pauvre, pour avoir été le fils de l'empereur du sucre, il n'est même pas mort de diabète.....

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03 mars 2008

La vertueuse châtelaine de kerjean....

Chose promise, chose due, voici avec beaucoup de retard le post que j'avais promis pour ce week-end...

"Mesdames et messieurs, nous sommes ici devant le portail imposant du château que l'on a appelé le 'Versailles Breton'. Et avant de passer cette porte, remontons le temps. Kerjean fut construit dans les années 1580 par Louis barbier, Chanoine de Léon, abbé de Saint-Mathieu, qui avait souhaité doter sa famille d'un joyau pour l'éternité".

Le guide ôte alors sa casquette  comme s'il voulait honorer la mémoire du chanoine, rajuste son uniforme à la couleur indécise, semble admonester deux anglais qui n'écoutent pas ses explications et s'apprête à franchir le portal, suivi de sa quinzaine de touristes.

Kerjean est une oeuvre d'art, moitié forteresse, moitié résidence, et sans conteste, le plus fascinant château de Bretagne. Précédé d'un fossé aussi large que profond, Kerjean est ceint de remparts fortifiés, munis de casemates et flanqués à chaque angle d'une tour carrée portant créneaux et meurtrières.

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Les deux anglais sont maintenant plus attentifs : le guide vient de distribuer la traduction de son commentaire en anglais et en allemand. le Japonais du fond a donc les mains libres pour photographier, au dessus de la porte, les armoiries de Louis Barbier et de son épouse jeanne de Gouzillon.

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Nous voici dans la cour. le guide reprend son monolgue, rodé par des années de visite :

"Devant nous, vous remarquerez le côté droit du corps de logis, qui fut détruit par un incendie à la fin du XVIIIe siècle. c'était sans doute, la plus admirable partie du château, mais rien n'a pu être sauvé..."

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La visite continue et à l'étage, le guide s'interrompt, attend que son public soit assemblé autour de lui, attentif, et d'une voix solennelle, une voix qu'on ne lui avait pas encore entendue depuis le début de la visite, annonce :

"Mesdames et messieurs, c'est ici que la Dame de Kerjean, la vertueuse Françoise Barbier..."

Nous sommes en 1614 et Louis XIII a convoqué les états généraux. Chaque province envoie des représentants des trois ordres pour traiter des affaires importantes concernant l'Etat.

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René Barbier quitte Kerjean et y laisse sa fidèle et belle épouse Françoise ; pour sa première visite à la cour au milieu des gentilshommes effrontés et impudents, le jeune seigneur breton est un peu...décontenancé. Les plaisanteries grivoises fusent ici et là et les libertins accusent rené de ne pas avoir osé amener sa femme à la cour par jalousie ou bien, parce qu'elle devait être bien laide. Le Breton dédaingne les moqueurs et leurs invités à la débauche :

"N'insistez pas messieurs, je ne veux nullment conter fleurette à quiconque autre que mon épouse Françoise, qui m'attend en mon château."

Et les fats de se gausser.

"Diantre ! ces Bretons sont vraiment peu communs. Regardez donc celui-ci, il veut rester fidèle à son épousée, mais est-il moins sûr que sa jeune beauté l'attend sagement dans sa campagne sans quelque damoiseau pour la consoler ?"

René alors s'emporta et il permettait pas que l'on mit en doute la vertu de son épouse Françoise. Les railleurs n'en rirent que d'avantage et lancèrent même un défi. Quatre des galants proposèrent  de chevaucher jusqu'à Kerjean et d'y faire leur cour à la châtelaine. René accepta la gageure et confia même au premier une missive d'introduction demandant à sa femme de bien recevoir le visiteur, tant était grande sa confiance.

Françoise lut la lettre de son époux et accueillit le vidame de Bombelles ainsi qu'il lui était demandé. Le jeune homme pensa en lui même en voyant son hôtesse : "Le breton ne mentait pas, la dame est aussi belle qu'il le disait".

Sans plus attendre, il commenca une cour assidue mais, vite lassée des avances de ce triste Bombelles, la dame de Kerjean décida de s'en débarrasser et l'attira un soir dans une petite pièce, munie de forts barreaux de fer. Peu soupçonneux, le galant se croyait sûr de son affaire, mais le bruit de la porte se refermant derrière lui et la solitude de l'endroit lui firent comprendre qu'il était pris au piège.

"Dormez bien monsieur le vidame, je vous reverrai demain" dit Françoise à travers l'huis.

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Encore tout surpris et mortifié de s'être ainsi fait berner, le jeune homme dormit mal et fut réveillé de bon matin par la clarté qui filtrait entre les barreaux. Comme promis, la jeune femme revint le soir et lui remit de l'étoupe en grande quantité, lui conseillant de commencer séance tenante à la carder et à la tisser car de son travail dépendrait sa nourriture.

Surpris de ne pas revoir Bombelles, les trois autres galants qui avaient pris pension à Morlaix décidèrent de chevaucher tour à tour à Kerjean. Tous subirent le même sort et les qutres compagnons d'infortune durent filer, carder et tisser l'étoupe de la vertueuse Françoise.

Au Louvre, ne voyant personne revenir, René demanda à la Reine l'autorisation de regagner ses terres et, malgré la confiance qu'il avait en son épouse Françoise, franchit le coeur serré, le pont-levis de son château.

Françoise s'empressa de rassurer son époux et le conduisit vers la petite pièce voûtée. En faisant jouer le verrou qui n'ouvrait que de l'extérieur, rené aperçut les quatres gentishommes besognant parmi l'étoupe et serra Françoise dans ses bras.

Beaux joueurs, les galants éconduits reconnurent que René avait raison : "Sa vertu égale sa beauté, vous êtes un bien heureux homme."

De retour à la cour, ils contèrent leur mésaventure, peu honteux d'avoir été ainsi joués. Le couple fut très vite cité en modèle par ceux qui refusaient le libertinage. louis XIII nomma même René Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit et, en 1618, le fit marquis.

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"Mesdames et messieurs, si vous voulez bien me suivre, la visite va se terminer."

Après un rapide regard dans ce qui fut le cachot des galants, les touristes redescendent dans la cour du château.

Tous ont alors dans les yeux la vision de René franchissant la porte au galop, sautant à bas de son cheval pour gravir quatre à quatre les escaliers de granit qui menaient à la chambre de la vertueuse dame de Kerjean...

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27 février 2008

Les troubles de Pont Saint Esprit

"Toute cette nuit là,des voitures, des charrettes, toutes sortes de moyens de transport amenèrent à l'hôpital des malades gémissants et hurlants, en proie à des fantasmes de violence ou de peur(...)
Les malades, se croient entourés de flammes, c'est ce qui les poussait vers les fenêtres...Ils étaient éblouis de visions violemment colorées..."

Les faits rapportés par le journaliste américain John Fuller n'ont rien à voir avec une quelconque légende sur les sorcières de Salem. Il s'agit d'un fait divers bien réel. L'un des plus incroyables de ces soixante dernières années en France, celui du "pain empoisonné" de Pont Saint Esprit.

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L'affaire éclate  durant l'été 1951 et perdure jusqu'à la fin octobre. La tragédie fait sept morts, une cinquantaine d'internés en hôpital psychiatrique et plus de 300 personnes intoxiquées.
Toutes les victimes ont en commun d'avoir mangé du pain : on accuse le boulanger du cru, puis son mitron. Ils sont finalement blanchis.
Puis, on décide de mettre en cause l'eau des fontaines, les machines à battre le blé trop modernes, les puissances étrangères, la guerre bactériologique, le diable, la SNCF, le pape, Staline, l'Eglise et les nationalisations !
C'est la science qui ramène la population paniquée à plus de raison. Le coupable porte un nom : ergot !

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L'ergot est un champignon parasite du seigle, extrêmement nocif pour la santé humaine et même animale. les symptômes de l'ergotisme sont comparables en tous points à ceux observés en 1951 à Pont Saint Esprit et ses environs : maux de tête, vomissement, hallucinations visuelles et illusions sensorielles mais surtout, des douleurs atroces n'ayant rien à envier aux pires tourments de l'enfer de Dante.

D'ailleurs, dans les périodes les plus reculées du moyen-âge, elles ont valu à cette maladie les dénominations les plus évocatrices : "Mal des Ardents" (à ne pas confondre avec le bal des ardents sur lequel j'avais écrit), le "Feu de Saint Antoine" ou encore, le "Bal de Saint Vito", en raison des convulsions démoniaques, mouvements de danse et spasmes observés chez certains sujets.

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(à gauche la boulangerie incriminée et à droite, le maire de l'époque)

Pourtant, très vite, l'hypothèse est battue en brèche par des scientifiques qui contestent la version officielle. C'est d'abord le laboratoire des substances militaires de Marseille qui contredit les résultats du laboratoire de la police scientifique : il n'y aurait pas d'ergot dans le pain des Spiritpontins ! Et si les résultats variaient selon que la farine ait été extraite en haut ou au fond du sac ?

Une frénésie scientifique s'empare s'empare alors du monde médical. Un spécialiste Parisien avance ainsi que les effets de l'ergot peuvent êtres décuplés au contact de blé germé. Un autre accuse les substances produites par la moisissure des silos à grains. Trente ans encore après les faits, des experts évoquent le rôle probable d'un agent fongicide utilisé dans le milieu céréalier pour lutter contre les moisissures.

C'est finalement la découverte de traces de mercure dans les entrailles de victimes qui vont innocenter le minotier poitevin accusé d'avoir fourni la farine empoisonnée. Egalement suspecté, un boulanger poitevin propriétaire du blé avarié. "De la saleté !" avoue même le minotier qui, pour ne pas entacher sa réputation, aurait sciemment choisi d'écouler sa farine frelatée.....dans le Gard où il était inconnu.

Les enquêteurs sont cependant si sûrs que du mercure a souillé la farine durant son stockage ou sont transport, qu'un non-lieu sera finalement prononcé en 1954 au bénéfice des deux inculpés. Deux hommes qui, trois ans plus tôt, ont été écroués pour "homicide et blessures involontaires, trafic et tromperie sur la qualité de la marchandise vendue et infraction à la législation sur les blés et farines".

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Cinquante six ans après les faits, le mystère plane toujours sur cette sombre affaire du "pain empoisonné" de Pont Saint Esprit....mais que cela ne vous empêche surtout pas d'aller chez votre boulanger préféré !

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24 février 2008

J'aime.....

PetitSpirou

Bon, toujours pour faire comme Polyne et bien d'autres qui ont suivi le mouvement, je vais dire ce que j'aime (mais c'est pas facile) :

J'aime parler avec des gens.
J'aime marcher dans la campagne.
J'aime l'odeur de l'herbe coupée, surtout après une bonne pluie d'orage, en été.
J'aime voyager. J'aime le train et le bruit d'une gare.
J'aime l'histoire et les histoires. J'aime lire.
J'aime tous les plats régionaux mais ma préférence va pour le cassoulet, le vrai, comme celui  de Maïté.
J'aime la charcuterie en général mais attention, la bonne, pas celle pour les fiottes avec des polyphosphates de m....
J'aime le pain comme ce n'est pas permis. Privez moi de ce que vous voulez mais pas le pain, non !
J'aime le vrai croissant au beurre, fait par ma pâtisserie préférée le dimanche matin et dévoré rapidement en partant au boulot.
J'aime le tiramisu et les profiterolles, mes deux desserts favoris (surtout avec un supplément sauce chocolat noir coulant et bien chaud, huuummmmm)
J'aime le bleu des yeux de ma femme et j'aime aller l'embrasser quand elle dort encore (ou qu'elle fait semblant) alors que moi je pars rejoindre mes sbires à l'hôtel, c'est pas juste...
J'aime boire du vin blanc à l'apéro, bien frais.
J'aime le poisson, surtout grillé.
J'aime Barcelone, la sangria, les tapas de toutes sortes et le musée Dali.
J'aime le musée du Louvre à Paris et du Prado à Madrid.
J'aime les gens qui bossent avec moi car on se connait bien
J'aime regarder les jolies filles et je trouve sexy une coupe courte, style Cécile de France.
J'aime l'univers de Tim Burton et Big fish
J'aime citer toutes les armes de Goldorak lors de mes discussions entres adulescents (je sais, cela sert à rien mais je les connais toutes, et vous ?)
J'aime les films "Forrest Gump" et "Philadelphia" avec Tom hanks ainsi que Ewan Mc Grégor et Nicole Kidman.
J'aime cuisiner pour les amis. J'aime les mélanges style Roquefort et Pâte de Coing
J'aime Paris et flâner le nez en l'air dans cette ville magnifique.
J'aime l'ambiance du restaurant "Chez Chartier" à Paris.
J'aime les BD comme "Mr Jean" ou "le journal d'Henriette"
J'aime les dessins animés Shrek, Ratatouille ou Toy Story
J'aime me rappeler des souvenirs avec mon père comme nos parties de pêche
J'aime l'île d'Oléron car j'y ai passé mes plus belles vacances étant gamin
J'aime les chaines de reportages
J'aime bien discuter autour d'un verre
J'aime les infusions ou les thés
J'aime les toiles de Monnet
J'aime lire Zola
J'aime râler de temps en temps
J'aime la mer et ses parfums
J'aime me caresser la nuque quand je sors de chez le coiffeur et que j'ai les cheveux très courts
J'aime être rasé de très près et sentir ma peau ultra-lisse
J'aime lire tous les blogs de ma liste, colonne de droite sur mon blog :-)
J'aime l'idée de proposer, un jour, une rencontre Parisienne entre blogueurs afin de faire connaissance avec, pourquoi pas, cabaret, restaurant, etc...

Vous voyez bien, je ne suis pas qu'un gros râleur....

spirousplash

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22 février 2008

Vercingétorix....

Après leur victoire sur Carthage, les Romains, une fois passés en Ibérie, voulurent s'emparer dans la Gaule. Rien ne semblait pouvoir les arrêter sauf qu'en juin 52 avant JC, vercingétorix remporte la victoire de Gergovie contre l'armée de César. La même année, la défaite d'Alésia allait venir à bout de toute résistance de la part des Gaulois.

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Donc, en Juin 52 avant JC, 80 000 Gaulois, sous le commandement de Vercingétorix, s'étaient enfermés dans la citadelle d'Alésia pour attendre les dix légions romaines.
Ils espéraient que César viendrait mettre le siège devant la ville et qu'il se trouverait pris en tenaille par l'armée gauloise appelée au secours. Selon César dans la guerre des gaulles, cette armée de secours était forte de 240 000 hommes et de 8 000 cavaliers. Malheureusement, au quarantième jour de siège, les secours furent mis en déroute et dispersés.

Abandonnés par leurs alliés vaincus, les Gaulois résistèrent encore deux mois mais, réduits à la famine, ils allaient se retrouver à la merci du vainqueur qui ne se priverait pas de les mettre à mort ou pire, de les réduire en esclavage.

Vercingétorix rassembla alors ses chefs et leur tint ce discours : "nous avons combattu unis pour sauver notre pays, nous avons fait preuve du plus grand courage qui soit mais le sort des armes nous fut funeste. cette cause pour laquelle de nombreux guerriers sont morts est une cause sacrée. Ce n'est pas seulement la mienne mais celle de tout un peuple, c'est celle de la liberté et de l'honneur de la Gaulle".

Malgré leur abattement, les assiégés trouvèrent encore la force de pousser des cris de guerre comme s'il demeurait encore un espoir.
"Si vous vous trouvez ici aujourd'hui enfermés dans cette cité, c'est à moi que vous le devez. Vous m'avez suivi en confiance et je vous ai conduit à la défaite. Il n'est pas juste que vous subissiez le sort des vaincus. Moi seul doit assumer cette responsabilité. Ma vie vous appartient et je suis prêt à me rendre à César pour vous sauver" et là, franchement, après un tel discours, je ne pense pas que j'aurais fait mieux...

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Il fut alors décidé d'envoyer des messagers auprès des Romains pour connaître leurs exigences. Jules césar, qui n'était pas avare de bonnes phrases, leur répondit :
"je veux votre chef avec ses armes. Qu'il se présente sur le champ devant moi et je déciderai de son sort. Je vous ai vaincus, je vous veux soumis !".

Comme promis, Vercingétorix accepta ces conditions, révêtit sa plus belle armure, prit ses armes les plus fidèles, enfourcha son cheval de bataille et, à plein galop, couvrit l'espace qui séparait Alésia des avant-postes Romains.
Vercingétorix fit caracoler sa monture autour des Romains puis, sautant à terre, il jeta aux pieds de son vainqueur son épée, sa dague, son javelot, son bouclier et son casque. Totalement soumis, il demeura debout pour certains, à genoux pour d'autres, immobile et muet.

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Devant ce que César considéra sans doute comme une attitude trop empreinte de fierté pour un vaincu, il déversa contre le Gaulois un torrent d'injures, lui reprochant sa rébellion contre l'ordre de Rome, n'accceptant pas d'avoir été tenu en échec  par ceux qu'il considérait comme des sauvages mais surtout, il voulait effacer de la mémoire des Romains le souvenir de sa défaite à Gergovie.

D'un signe, il ordonna à deux licteurs de se saisir du prisonnier qui, chargé de chaînes, fut enfermé sous bonne garde, désormais à la merci de César.

Six années plus tard, le général vainqueur des Gaules connaissait son triomphe et, pour ce jour mémorable, il avait ordonné de sortir le chef Gaulois de sa prison.
Vercingétorix n'avait plus la même superbe, écrasé par six années d'enfermement dans un cachot où la lumière ne parvenait que très rarement.

Vercingétorix précédait le char de césar, vaincu exhibé par son vainqueur aux cris et aux moqueries de la foule. Les Romains ne savaient sans doute sûrement pas qui était ce prisonnier ployant sous le poids de ses chaînes mais sa présence davant le cortège symbolisait à elle seule la puissance de Rome.

Au pied de la colline où se trouvait le temple de Jupiter, le cortège s'arrêta et vercingétorix fut emmené par des soldats, il était dit qu'il ne verrait pas la fin du triomphe. Il fut alors conduit jusqu'à la prison du Tullianium.
L'édifice était composé d'une grande chambre rectangulaire voûtée en arc d'ogives sous laquelle se trouvait un cachot circulaire. Nulle lumière pouvait y pénétrer et le seul moyen d'y descendre était un orifice circulaire percé dans le sol de la pièce du haut. Cette pièce servait de lieu de supplice aux criminels dont Rome voulait se débarrasser.

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Dès son entrée dans la pièce, Vercingétorix est délesté de ses chaînes puis jeté dans le trou par les soldats. Il tomba alors dans le cachot où l'attendaient les bourreaux, qui aussitôt, l'étranglèrent à la lueur des torches.
Puis, son cadavre fut remonté par un croc et exposé sur les marches des Gémonies, double escalier qui flanquait la porte de la prison. Après plusieurs jours d'exposition, le cadavre sera finalement traîné jusqu'au Tibre, où il fut jeté...

Vercingétorix disparut rapidement de la mémoire des Romains et de son vainqueur mais récemment encore, un sondage le placait au sixième rang des personnages historiques favoris des français....

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Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question de savoir ce que signifiait les lettres "SPQR" mais moi, oui !
Alors, ces quatres lettres demeurent le seul sigle dont l'origine nous soit connue et qui remonte aussi loin dans le passé. Il signifie : Senatus Populus Que Romanus, ou alors en français dans le texte, le Sénat et le Peuple de Rome.

Ces letres étaient utilisées à chaque fois que quelque chose se faisait au nom du Sénat. L'illustre assemblée chargée de prendre les rênes de la cité en cas de vacance du pouvoir, faisait aussi appliquer les résolutions prises par le peuple, jugeait les crimes de haute trahison et surtout, avait le pouvoir de décider de la paix ou de la guerre.

Les sénateurs qui siégaient dans la curie bénéficiaient de nombreux privilèges mais ils les perdirent au profit de l'empereur lorsque Rome cessa d'être une République. Partout où la présence de l'Etat devait être affirmée, les mêmes lettres apparaissaient, si bien qu'elles firent plus qu'un avec Rome.

Plus tard, au Moyen-Âge, soucieux de retrouver la grandeur du passé, les Italiens frappèrent les quatres lettres sur les pièces de monnaies tandis que Mussolini, lui, ne trouva rien de mieux que de les graver mais non pas sur les frontons des temples ou sur des arcs de triomphe, non, lui il a choisi de le faire....sur les plaques d'égoûts de la capitale !

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Allez, c'est fini pour aujourd'hui. Le prochain post sera sur ce que j'aime, histoire de ne pas passer pour quelqu'un de négatif !
En attendant, passez un excellent week-end !

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20 février 2008

Cinéma, cinéma....

Bon, vous aurez deviné au nombre de posts produits en si peu de jours que je dois être en repos et quand j'y suis (en repos), qu'est-ce que nous faisons avec Madame mon épouse ? Nous allons au cinéma !
Alors, dimanche soir, pour nous changer les idées et malgré un très long week-end de boulot au milieu de mémés accompagnées de canidés aussi hargneux que puants, nous sommes partis voir un film qui lui tenait à coeur :

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Un film sympathique qui raconte l'histoire d'Eloise, la trentaine, qui a réussi sa vie professionnelle. Moins sa vie privée car elle est toujours célibataire et le regrette. Elle s'inscrit à un speed-dating, 7 hommes, 7 femmes, 7 minutes pour séduires (moi, m'en faut plus). En gros, la solitude, l'indépendance, la séduction : les nouveaux modes de rencontres. Mais alors, même si j'ai bien aimé, la fin me laisse perplexe et cela n'a rien à voir avec le film que j'attends avec impatience, et qui est....

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Oui, j'ai hâte d'aller le voir car dedans, il y a la plus belle des actrices qui soit (désolé chérie), j'ai nommé Juliette Binoche ! Et moi, quand vous me parlez de madame Binoche, le monde n'existe plus....
Mais ce soir, j'ai décidé de vous parler du cinéma du futur, car je ne sais pas si vous avez remarqué, venu des USA, un nouveau style de cinéma commence à envahir le marché et il met le paquet.

Par exemple, vous avez les nouveaux coups de feu.
Il y a trente ans, quand un cow-boy tirait avec son pistolet, cela fait "Pan", en dégageant un léger panache de fumée bleue, et la victime tombait avec un petit trou rouge sur le côté comme dans le poème.
Vers les années 80-90, le coup de feu devint plus conséquent et flirta avec le réalisme. la déflagration crachait des flammes à la sortie du canon, et l'impact de la balle inondait de sang les vêtements déchirés du visé, par un effet spécial qui consistait à trafiquer de minis-explosions sous le tissu.
Mais aujourd'hui, un simple coup de feu tiré au cinéma, même tiré d'un petit 6.35 chromé, ressemble à une salve des canons de 460 mm du cuirassé Yamato.

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D'abord, rien que la sortie de la balle du canon de l'arme annonce la venue des chevaliers de l'apocalypse : une détonation cataclysmique, accompagnée de flammes de deux mètres (au moins) et d'une fumée telle que bientôt, elle va déclencer les sprinklers des salles de projection.Mais alors ça, c'est rien !
Parce que l'arrivée de la balle sur son objectif, alors là, le mot "impact" semble définitivement trop faible, c'est un ravage, une extermination, l'explosion dans les tripes du receveur d'une bombe à fragmentation couplée d'un obus à dispersion sphérique. P'tain les dégâts que cela fait ! Voyez la petite balle de 9 mm qui arrache le bras, désarticule l'épaule, le cou, découpe les côtes, expulse les poumons, fait gicler la machoire, éparpille foie, coeur, trachée-artère sur les murs et le plafond, au milieu d'un jaillissement  de sang à rendre neurasthénique le plus prolifique des centres de transfusion.

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Mais attendez, naïfs que vous êtes, c'est pas fini ! Qu'est-ce que vous croyez ? Pour notre petite balle dynamique et primesautière, ce n'était qu'un hors d'oeuvre car notre projectile adoré, il continue sa course !
A peine retardé par ce petit intermède anatomique, le voilà qui se dirige vers la porte (pauvre porte), en éclatant allègrement au passage deux buffets Henri II et une table de ferme, qui réduit l'huis de chêne massif en copeaux calibrés et granules pour chaudières, le transforme en entrée de garage deux voies, et enfin, après avoir volatilisé deux closions de plâtre, la balle consent à s'arrêter dans un mur de béton vibré doublé de parpaings pleins de 200 mm, et encore, sans oublier d'y laisser un cratère que tu mets une porte, cela te fait un placard mural à l'oeil. Ouf, ça y est...ou pas tout à fait !

En effet, pour vous, pauvre spectacteur pantois, épave baveuse, à tout jamais essorée au fond de son fauteuil, il reste à prendre rdv chez l'ORL parce que je ne vous ai pas encore parlé du son.
Compression, écrêtage, digitalisation, flitrage, merveilles de haute technologie élaborées pendant des années dans les laboratoires audio pour trouver un son digne d'accompagner une telle apothéose. Fermez les yeux et écoutez : la fréquence, les harmoniques, le timbre, tout a été spécialement étudié, testé, pour produire le maximum d'effets psychologiques : les fréquences aïgues qui vous poinçonnent les tympans, tandis que le son gras des fréquences basses compressées vous prends les intestins en secouant votre siège.

Maintenant, au cinéma, le seul progrès qu'on puisse imaginer en matière de coups de feu, c'est le tir à balles réelles sur les spectateurs !

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19 février 2008

Tiens, pour changer....j'aime pas !

Tiens, pour changer un peu de mes posts habituels et parce que j'e n'ai aucune idée de ce que je vais pouvoir vous raconter pour mon prochain post plus sérieux, je vais copier quelqu'un que j'aime bien.
Il s'agit de Polyne, et même que c'est une fille qui a l'air vachement bien, avec pas mal de caractère (certes) mais il en faut quand on est étudiant dans cette superbe ville de Montpellier.
Aujourd'hui, elle m'a fait rire avec son post intitulé "j'aime pas" et histoire de me vider les nerfs, je me suis dit "ben, fais comme elle !".

J'aime pas....

J'aime pas les bonbons gélifiés dont les futurs obèses se gavent allègrement.
J'aime pas quand on me dévisage de pied en cape, cela me met mal à l'aise.
J'aime pas ceux qui roulent vite et qui conduisent avec leurs antibrouillards alors qu'il n'y a pas de brouillard. J'aime pas saluer les groupes de randonneurs que je croise dans les collines et qui me disent bonjour alors que dans la vie normale, ils t'ignorent royalement (mais je le fais parce que je suis poli).
J'aime pas le brocolis ou alors, avec une tonne de mayonnaise.
J'aime pas les premiers signes de l'arthrose qui me font mal et qui me signalent chaque changement de temps.
J'aime pas quand ma femme ne commande pas de dessert au restaurant et qu'elle se goinfre la moitié du mien, "mais c'est juste pour goûter tu sais"...mais je laisse faire car c'est aussi ça l'amour :-)
J'aime pas me lever tous les matins à 6h15 et préparer le petit-déjeuner, à force, cela me gave.
J'aime pas la chaleur et la puanteur qui régne dans certaines rames et stations du métro et j'aime pas ceux qui font grève dans les transports en commun durant les seules vacances que je m'octroie sur Paris.
J'aime pas la soupe chaude, je la mange tiède et cela me met dans une colère profonde quand c'est trop chaud et que je me brûle.
J'aime pas savoir ma mère seule depuis que mon père n'est plus, la solitude, je n'ai jamais aimé, que cela soit pour moi ou pour les autres.
J'aime pas quand les gens sont en retard et que l'on ne s'excuse même pas.
J'aime pas quand des petits jeunes se présentent à la réception pour me demander du travail avec la crête de coq sur la tête et le chewing-gum à la bouche.
J'aime pas les gens qui disent que je fais pas mon âge et que je ne change pas, cela ne me rassure pas.
J'aime pas quand mon coiffeur met une heure à me couper les cheveux alors que je suis pressé et qu'en temps normal, il le fait en quinze minutes.
J'aime pas les bimbo-girls façon celle qui présente "la roue de l'infortune".
J'aime pas les corridas et les gens qui font souffrir les animaux, surtout les chats.
J'aime pas les chaussures noires pointues que ma femme m'a offert pour bosser, j'ai l'impression de ressemble à Godefroy de Montmirail dans "Les visiteurs".
J'aime pas la tête de noeud qui m'a embouti la portière de ma voiture avec son caddy à la c.. et qui n'a pas laissé de mot pour s'excuser et s'arranger avec moi.
J'aime pas la moutarde de chez Aldi (beaucoup trop forte).
J'aime pas ceux qui puent de dessous les bras et qui en plus, viennent se collent à toi pour te demander conseil pour leur indiquer un endroit sympa à fréquenter.
J'aime pas les mauvaises manières et ceux qui ne respectent rien.
J'aime pas du tout la violence et ce qui en résulte.
J'aime pas ceux qui n'ont aucune intitiative, pour moi, faut que ça fonce !
J'aime pas les bouffeurs de pop-corn au cinéma et ceux qui tripotent leurs papiers de bonbons durant tout le film.
J'aime pas ceux qui parlent ou qui commentent les films au cinéma.
J'aime pas ceux qui n'écoutent pas quand on parle.
J'aime pas les enfants qui manquent de respect à qui que ce soit.
J'aime pas les gens qui glandent et qui aiment ça.
J'aime pas les gens qui hurlent plutôt que de parler normalement.
J'aime pas les clips de rap beaucoup trop violents à mon goût et encore moins les rappeurs qui font des gestes dans tous les sens pour accompagner leurs chansons qui ne valent pas tripette.
J'aime pas les chiens qui te reniflent le trou de balle à chaque fois que tu vas chez des amis alors que justement, ce jour là, plus propre que ça, ça n'existe pas (en plus, cela fait le mec qui s'est pas lavé le derche depuis huit jours).
J'aime pas non plus les chiens qui te sautent sur la jambe pour s'astiquer un brin et qui finissent inévitablement avec un coup de 44 là où je pense (Mais non, Th....j'aime bien ton chien).
J'aime pas la gamine qui me colle la clé du portillon au fond du bassin et que je suis obligé de me noyer pour la récupérer.
J'aime pas les enfants capricieux qui mènent leurs parents par le bout du nez mais n'en n'ayant pas, je ne peux me permettre de donner des conseils.
J'aime pas les films ou les livres qui finissent mal et qui me tirent la larme à l'oeil, j'ai honte car mon épouse me chambre.
J'aime pas le vendredi car c'est la reprise et je veux pas y retourner.

P'tain, c'est pas grand chose mais mine de rien, cela fait du bien....mais sinon,  à part ça, j'aime d'autres trucs, (si,si) !
Allez, à vous de vous y coller !

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14 février 2008

L'eau de Massada...

Bon, après m'être fait plaisir à taguer du monde, je vais être beaucoup plus sérieux (cela m'arrive parfois) et vous parler d'histoire. Et pour commencer le post d'aujourd'hui, je n'ai rien trouvé de mieux que de faire comme "mamancélib", un blog sur lequel je vais et qui commence à chaque fois par une citation, je suis sûr que la demoiselle en question ne m'en voudra pas de lui voler l'idée.

"Il n'y a pas de forteresse imprenable, il n'y a que des attaques mal menées"

Vauban

Aujourd'hui encore, les forces de l'armée israélienne viennent prêter serment dans un désert près de la mer Morte, là où, voilà près de deux millénaires, se dressait la forteresse de Massada, haut lieu de la résistance des juifs contre les Romains.

Les unes après les autres, les places fortes d'Israël étaient tombées aux mains des Romains et, lorsque Jérusalem capitula en septembre 70, après 139 jours de siège, le triomphe des Romains était presque total.
Rome savait reconnaître la valeur et le courage de ses guerriers, et, une fois de plus, la ville éternelle honora son empereur Vespasien ainsi que son fils aîné Titus pour avoir maté les rébellions juives.

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                         Vespasien                     Titus

Cependant, à l'instar d'Astérix et de son village gaulois, trois point fortifiés, Hérodium, Machaerus et Massada, continuaient de défier l'autorité Romaine toute puissante. Les deux premières forteresses tombèrent assez rapidement et les populations furent tout bonnement massacrées, asservies ou données en pâture aux fauves du cirque afin de distraire ce cher peuple romain. Seule Massada continuait à défier l'hégémonie romaine, ce qui était intolérable.

Une telle résistance, outre le fanatisme de ses défenseurs, était rendue possible par la situation extraordinaire de la forteresse. Construite par Hérode dans le désert, Massada défiait la plus grande puissance militaire du monde de haut de ses 441 mètres au desus du niveau de la mer Morte.
Elevée sur un plateau montagneux, la forteresse était protégée d'une muraille longue de 1.5km, ponctuée de nombreuses tours de défense.

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Cela fait haut, non ?

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Selon un historien, les occupants de Massada avaient construit des aqueducs sur des kilomètres afin que l'eau des montagnes parvienne jusqu'à eux. Pour la conserver, ils construisirent douze énormes citernes pouvant contenir jusqu'à 40 000 m3, ce qui leur permettait non seulement de boire à satiété, mais aussi de cultiver la terre pour se nourrir.

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Exemple d'un réservoir

Ces hommes et ces femmes n'étaient pourtant que 960 à résister contre toute une armée mais sous la conduite de leur chef Eléazar, la forteresse de Massada et ses zélotes allaient résiter trois années.
Galvanisés par leur foi, ces "fous de Dieu" narguèrent l'armée romaine qui, elle, soufffrait de la soif et de l'isolement. Grâce à leurs aqueducs, les zélotes afin de faire lever le siège, tentèrent d'utiliser la ruse en sapant le moral des assiégeants.

Ils savaient que les Romains étaient rationnés en nourriture et surtout en eau. ces troupes étaient les seules encore engagées dans le combat contre les Juifs et, plus le siège s'éternisait, plus leur ardeur faiblissait.
Les sachant assoiffés, les zélotes déversèrent alors du haut de leurs murailles, par seaux et par baquets entiers, d'énormes quantités d'eau qui s'écoulèrent le long des murs et furent immédiatement absorbées par la terre et le sable.

Devant un tel spectacle, les Romains sentirent leurs forces les abandonner encore un peu plus et les restrictions sévères imposées par leurs chefs n'en devinrent que plus insupportables. Ils finissaient par se demander comment ils allaient pouvoir vaincre ces hommes qui avaient tant d'eau qu'ils pouvaient en asperger leurs remparts.

Surtout qu'Eléazar ne s'arrêta pas là ! Il ordonna aux siens de se baigner le plus bruyamment possible dans les énormes citernes, si bien qu'au pied du mur, les légionnaires entendaient les rires, les cris et les ébats nautiques alors qu'eux, avaient encore plusieurs heures à attendre encore avant qu'ils ne reçoivent leur ration d'eau quotidienne.Mais à la première réaction d'envie devaient bien vite se substituer la colère et la haine, qui redonnèrent force et courage au Romains.

Ils décidèrent de construire des rampes d'accès aux murailles qui culminaient à 150 mètres au dessus du camp romain, pour approcher les machines de guerre.
Les rampes les élevèrent de 100 mètres, puis au dessus, une plate-forme de pierre permit aux catapultes d'envoyer leurs boulets destructeurs.

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Dans le cercle, le camp de base d'où partit la rampe

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Toujours la rampe mais vue de la forteresse

Puis, à bras d'homme, les Romains firent glisser sur la rampe une énorme tour de 30 mètres de haut d'où les légionnaires entamèrent les murailles et mirent le feu aux structures de bois devant le regard incrédule des zélotes. La ruse n'avait pas pu venir à bout de la force.

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Lorsque les vainqueurs pénétrèrent dans Massada, ils découvrirent 960 cadavres ; tous s'étaient suicidés plutôt que de se soumettre...

*********

Et maintenant....

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Pour ceux qui auront suivi le post jusqu'au bout, peut être que certains se seront posé la question que moi même je me suis posé lorsque j'ai écrit le nom de l'empereur Vespasien :

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"Est-ce que Vespasien et vespasienne ne font qu'un ?"

Pour les lecteurs de la première heure et qui suivent mon blog depuis le début, vous vous souvenez que j'avais écrit un excellent article (n'ayons pas peur des mots et puis surtout, j'aime bien l'autosatisfaction) sur les WC, chiottes et cagouinces (que je vous conseille de lire tellement il est bien écrit, si,si) mais je ne m'étais alors absolument pas enquéri de quoi que ce soit sur la vespasienne.
Alors, pour toi public, je vais essayer d'apporter un petit plus à ce post afin que tu puisses ramener ta fraise au boulot et te la péter grave devant la machine à café ou à la cantine, quand tu sens que la discussion devient inexistante.

Depuis très longtemps, les tanneurs, teinturiers et blanchisseurs avaient remarqué que l'urine dégraissaient facilement les peaux, ce qui rendait le travail plus facile.
L'empereur Vespasien qui était très près de ses sous, décida de créer un impôt sur l'urine et fit disposer à travers les villes des endroits aménagés de telle façon que l'on pouvait récolter les urines. Elles étaient ensuite revendues aux différents corps de métier les utilisant.
Certains se fichant de lui pour ces économies dérisoires, il leur répondit  :
" Pecunia non olet" ou si vous préférez....l'argent n'a pas d'odeur !!!

Bon, j'espère que cela vous aura plu. Maintenant, pensez à moi qui vais souffrir avec mes mémés aux longs manteaux avec pleins de poils qui tombent, accompagnés de leurs fidèles canidés aussi hargneux et baveux que sales et puants....
Bon, sur ce coup là, je reconnais que j'exagère un peu, mais on sait comment je suis, j'aime que l'on me plaigne.

Excellent week-end à tous et pour ceux qui ont la chance d'y être, très bonnes vacances !

Posté par aimelacapelle à 14:37 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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